• Tour de la Grande Casse - TGC - Dimanche 19 août 2012

    Je dois dire qu’en décembre 2011 quand j’ai fini de valider mon inscription à cette course, je ne faisais pas le fier. Je suis resté un moment devant l’ordi à me demander si cela était bien raisonnable de prendre le départ de cette course pour mon niveau… trop tard, c’était fait ! Le format de la course impressionne, 62km et 3850m de dénivellation positive ! En somme, l’exercice est simple, il s’agit de faire une boucle autour du plus haut sommet de la Savoie, faire le Tour de la Grande Casse depuis Pralognan-la-Vanoise en une seule traite, un sacré défi pour soutenir l’afa.asso

                  

    Sarah et moi arrivons à Pralognan le samedi en milieu d’après midi sous une chaleur écrasante. Nous prenons possession de notre chambre dans le bâtiment annexe « le Doron » au club de vacances « Vacanciel » à 3 min à pied de la place de la mairie où sera donné le départ, c’est top. La chambre est simple, sans artifices, 3 lits individuels, un WC, une salle de bain, table & chaises et prises de courant de quoi être totalement indépendant et serein avant le départ. Je prendrai l’option de déjeuner tranquillement dans la chambre et ne profiterai ni du petit déjeuner offert par l’organisation (Office de Tourisme de Pralognan-la-Vanoise), ni de celui proposé gratuitement par le centre de vacances.
    Nous allons retirer le dossard sur la place de la mairie et flânons quelques temps dans les rues du village avant d’assister au briefing « obligatoire » de la course.
    Il y a toujours cette même tranquillité qui se dégage de ce village depuis notre dernier passage en juillet, la fois où nous avons fait notre belle rando autour de l’Aiguille de la Vanoise. Le but était d’allier l’utile à l’agréable, faire une belle sortie en amoureux et reconnaitre le final de cette course : réussite totale !
    Sur les terrasses ombragées de Pralognan, j’aperçois pas mal de coureurs devant un bon rafraichissement de couleur « or » surmonté d’une belle épaisseur blanche ! Les jambes sont rasées de près, les plus beaux t-shirt « finisher » sont de sortie, ça me fait sourire.
    Nous nous installons devant le podium et discutons avec une personne dont j’avais lu les aventures à travers moultes récits de coureurs ayant participé à ce TGC. Le gaillard, un amoureux de la montagne & des belles compétitions, cheveux grisonnants au corps bien sculpté était plutôt du genre à faire seulement la dernière partie du trail, pour son plaisir, (env. 40km) en marche rapide en proposant soutien et réconfort, années après années, aux coureurs qui étaient en mauvaise posture à ce moment là. Le personnage m’impressionne par son savoir et il me fait un descriptif détaillé de la course, une aubaine pour moi. Tout y est passé, les passages raides, les descentes techniques ou celles dans lesquelles je pouvais « envoyer du bois », les orientations des sommets en vue de la canicule annoncée pour le lendemain, les parties de relance, les refuges, etc. Sarah et moi écoutions comme deux gosses à l’école, un moment magique.
    Le briefing « officiel » commence, nous nous avançons un peu plus et souhaitons une bonne soirée à  notre bon Samaritain, en espérant tout de même ne pas le rencontrer demain.

    Les organisateurs se succèdent et donnent les dernières informations & recommandations de course. Un passage sur le balisage ne me rassure guère, car comme le tracé emprunte le Parc National de la Vanoise, les balisages y sont interdits. Selon les mots de l’organisation : il n’y a pas de quoi se perdre… Je note !
    Dans le sac remis aux coureurs lors du retrait du dossard, en plus des habituelles pages publicitaires, l’organisation et les sponsors offrent une paire de bas de récupération (ça change des t-shirts de course ou buff, très bonne idée ça !) plus un topo relativement détaillé du tracé. Je le lirai attentivement avant me coucher et l’emporterai dans le sac histoire d’être psychologiquement un peu plus rassuré.
    Après ces fameux conseils, nous nous dirigeons dans un restaurant de la ville proposant un repas « spécial TGC », je vous le donne en mille : des pâtes !
    Sur le dossier d’une des chaises de la chambre, les affaires sont prêtes et m’attendent pour mon objectif de l’année.

    Je m’installe et lis avec attention le « road-book » de la course, ça y est, j’y suis déjà, je suis dans les starting-blocks ! Je m’endors rapidement mais l’excitation me réveille brusquement vers 2h00 du matin sans que je puisse vraiment retrouver le sommeil. La montre sonne, il est 4h30. Les yeux sont déjà grand ouverts, je saute du lit en pleine forme. Je prends bien le temps de savourer mon petit-déjeuner, peut-être un peu trop ! D’ailleurs ensuite les minutes dégringolent à vitesse grand « V », la tension monte d’un cran : je vais être en retard - non pas ça ! A la hâte, j’expédie les derniers préparatifs, je sors de la chambre avec Sarah qui m’accompagne pour assister au départ prévu à 6h00. Le temps d’émarger la feuille de présence au départ, de passer au contrôle des sacs, le compte à rebours commence et je n’ai pas le temps de bien me placer dans le peloton, ça part, nous sommes à 1410 mètres d’altitude ! L’ambiance y est incroyablement sereine et calme, je n’aurais jamais pensé ça ! Imaginez 203 gugus terriblement excités par la course que nous nous apprêtons à courir et pas un mot plus haut que l’autre, aucun cri « guerrier », celui qui permet d’évacuer le stress avant le grand saut ni celui qui annonce le début d’un long périple autour de la patronne de la Savoie, rien ! Même la sono se fait timide. Tout est relativement calme, nous partons dans la discrétion comme s’il y avait une sorte de communion entre nous tous, c’est grand et fort !

                   

    Avant la première ascension jusqu’au col de Leschaux (Alt. 2565), je profite du chemin relativement plat pour prendre pas mal de places, je reviens à mi-peloton et nous attaquons au petit matin plus de 1100m de dénivelé positif. Le sentier monte régulièrement sur de cours lacets et permet d’apprécier la vue sur Pralognan qui s’éveille en contre bas, les couleurs sont superbes. La fraicheur du matin est entrecoupée par quelques courants d’air très chaud et sec ce qui promet, encore, une belle journée d’été. Depuis le réveil, le cardio tourne plus haut qu’à son habitude cela m’inquiète un peu car la route pour revenir au centre du village va être longue. J’ai pourtant un rythme pas trop soutenu. Je m’économise en poussant bien sur les bâtons, je bois régulièrement et me permets même de doubler une petite dizaine de coureurs afin de continuer et finir cette montée sur le même rythme. Très vite nous avons quitté les sous bois et leurs odeurs pour arriver sur des sentiers plus minéraux. C’est comme ça que je m’imagine cette course, très minérale, isolée & coupée du monde, lunaire et aujourd’hui caniculaire.

                  

    Le premier sommet est atteint, les jambes répondent à la perfection et nous basculons sur une monotrace technique en son début. Je mets le frein à main et économise les cuisses. J’y vais cool et profite de la vue pendant que plusieurs coureurs me passent à toute allure, comment vont-ils gérer le reste de la course, je me le demande ?
    Situé dans un petit hameau à 1732 m d’altitude, Plan Fournier au 13ème kilomètre, est le premier pointage (74ème) et le premier ravitaillement de la journée. Je m’arrête, refais le plein de ma gourde. Ça sera ma gestion sur tout le long de la course : à chaque ravito je remplirai ma gourde, cela me donnera le tempo à adopter sur mon hydratation. J’en profite également pour essayer de faire le vide dans ma poche à eau. Ce matin, dans la précipitation, je n’ai pas eu le temps de faire le vide d’air donc résultat ça « glougloute » fort dans le dos et ça gonfle du fait que je rajoute, en plus de l’eau et d’un jus de citron fraichement pressé, de la St-Yorre. Bref, le problème c’est que le camelbak ressemble à une baudruche, fait du bruit et ça me dérange énormément ! Le problème étant à moitié résolu, je repars en direction de Tour du Merle (Alt. 1950m) par un sentier en sous bois montant bien raide sur la fin ! Je croise Pascal de « Photogone » et le salue.

    www.photogone.net

    Jusqu'à présent tout va bien pour moi même si le cardio est anormalement élevé. Je mets ça sur le compte de la surexcitation qui ne passe pas mais à surveiller de très près quand même !
    Je poursuis mon chemin sur cette partie plane et rencontre un coureur avec lequel je ferai un bout de route. Nous faisons connaissance, parlons montagne et bien évidement « trail ». Nous courons à une bonne allure alors que nous longeons les rives du Doron tout en empruntant une piste de ski de fond en faux plat montant. Ce n’est pas très agréable pour moi, je m’épuise rapidement sur cette partie de la course, le cardio ne tourne pas tout à fait rond et mon compagnon me lâche bien avant le prochain ravitaillement, au Laisonnay d’en bas (Alt. 1560m).

                  

    Je viens de parcourir env. 23 kilomètres et le cœur palpite toujours trop à mon goût. Je prends donc mon temps pour refaire le plein d’eau, vider la montgolfière accrochée à mon dos et me ravitailler.
    Juste après cette petite collation salée, je double un groupe de randonneurs qui me questionne sur le tour que nous devons faire aujourd’hui. Sans trop m’attarder et avec un soupçon de fierté, je leur énumère les sommets que nous allons traverser, ils en restent bouche bée - c’est vrai qu’il impressionne ce TGC !
    Nous attaquons la deuxième grosse montée de la course, de nouveau 1100m de dénivelé positif pour accéder au Col du Palet (Alt. 2652m). Nous entrons dans le Parc National de la Vanoise, il n’y a plus de « balisage course », nous devrons suivre désormais les panneaux de rando. Le chemin carrossable que nous empruntons au début est ennuyeux à souhait et le soleil qui monte de plus en plus haut commence à se faire sentir. Ce n’est pas la grande forme alors pour permettre à mon corps de récupérer et poser l’esprit, je laisse errer mon regard à travers les panoramas superbes qui s’offrent à nous.

                  

    J’essaye par intermittence de relancer la machine mais rien n’y fait ! Ce n’est pas grave, cela ne m’inquiète pas, j’en profite pour prendre quelques photos et ça me permet également de ne pas taper dans les réserves. Quelques mètres plus haut, une femme relativement bien affutée me double. Elle est hyper régulière, étonnante de facilité et dans un instant elle sera loin devant jusqu'à ce que je ne puisse plus l’apercevoir ! Si, je la reverrai plus tard, sur le podium, il s’agit de Séverine Vandermeulen (3ème féminine), belle leçon mademoiselle !
    J’arrive au Col du Palet après ce gros raidillon où j’ai quand même pu reprendre quelques concurrents, non sans efforts. Nous avons déjà parcouru une bonne trentaine de kilomètres sous cette chaleur qui ne fait que croitre et la récompense est totale, c’est splendide.

    Nous laissons le refuge du Col du Palet en contrebas et rejoignons le GR 5 en direction de la station de Val Claret. La descente est assez roulante mais je n’arrive pas à me lâcher pour autant. Ma stratégie de course étant simple, m’économiser sur la 1ère et 2ème montée & 1ère descente puis finir la course sans lésiner tout en prenant le maximum de plaisir, bien évidemment !
    Les immeubles et les fameux cours de tennis de la station sont en vue, je dois dire que je ne sais pas trop comment « apprécier » la chose… c’est comme un oasis de béton au milieu d’un désert de montagne, on aime ou on n’aime pas… chacun est libre de penser ce qu’il veut. Quoi qu’il en soit, le prochain ravito est en bas et il me faut le rejoindre. Tout en descendant, je recherche les cours de tennis, lieu du prochain ravitaillement, mais ne vois pas les stands ! Les chemins commencent à se faire plus nombreux, je ne fais pas trop attention au balisage mais suis un coureur au loin. Mon inquiétude grandit lorsque je n’aperçois plus le gars devant et remarque que la distance et l’emplacement du soi-disant ravito augmente à vue d’œil ! Je stoppe la descente, sort le topo de la course et vérifie le passage « […] attention à la bifurcation balisée, 3km plus loin, prendre le GR55 qui partira sur votre droite au lieu dit : La Croix de Lognan » Bordel, je peste tout ce que sais, je m’engueule, il y avait un seul endroit à faire gaffe et je suis passé à côté, j’ai les boules ! Que faire ? Remonter ce que je viens de descendre ? Mais je ne sais pas où est la bifurcation, peut-être là, juste après mon dernier virage, peut-être pas ! Je range la feuille, qui à cet endroit ne me sert à rien car le mal est déjà fait. Quand on aime on ne compte pas, je décide alors de continuer sur le chemin devant moi qui semble, au loin, revenir vers les cours de tennis. Je croise des randonneurs et leur demande s’ils auraient vu d’autres coureurs, ou même celui qui me précédait il y a quelques minutes. Leur réponse est négative, je me suis bel et bien planté ! Ça me met un coup au moral cette histoire mais je poursuis tout de même le chemin. Il m’aura fallu vingt bonnes minutes en plus pour rejoindre le ravitaillement de Val Claret (Alt. 2100m) en coupant à travers un golf. Mon arrivée est complètement à l’opposé de celle prévue, je vois tout le monde de dos, ça fait bizarre ! J’admets que je suis bien remonté contre moi en arrivant mais le fait de voir la famille me réconforte et ma colère se transforme en motivation, merci à vous ! Je me dis que le plus gros est fait, reste maintenant à finir ! En effet, désormais il n’y aura plus aucun moyen en cas d’abandon de venir nous récupérer
    (sauf hélico en dernier recours), Parc National oblige. La chaleur et la technicité de ce début de course commencent à se faire ressentir à la vue de certains coureurs, pour moi ça roule. Je ferai une belle pause, referai le plein d’énergie et arriverai, enfin, à vider ce bruyant ballon que je porte depuis l’aube.

    En partant, je pointe à la 66ème place ! Je suis agréablement surpris car avec l’erreur de parcours plus le temps de pause à ce ravito, je me voyais plus mal que ça dans le classement. Motivé et encouragé par les miens, je repars plein de motivation – ce TGC je le finirai c’est sur, ça c’est décidé là, à cet instant !
    En prenant la direction du Col de la Leisse (Alt. 2758m) qui monte régulièrement, je prends l’option de ne pas quitter mes manchons aux bras au vu du « cagnard » qui assomme de plus en plus. Les manchons sont de couleur noire, légèrement doublés d’une polaire (pour ne pas attraper froid au petit matin, héhéhéé) mais qu’à cela ne tienne, c’est une protection non négligeable contre ces rayons du soleil. Note pour l’avenir, même en cas d’agitation matinale… bien penser à mettre de la crème solaire !

                  

    Sur le sentier qui est maintenant plus adapté à la course à pied, je m’en donne à cœur joie, je déguste chaque kilomètre. Mon pouls est redescendu à la normale, je peux donc commencer ma course. Je rattrape un à un plusieurs coureurs qui à cet endroit marchent, je les salue et l’on se souhaite une bonne fin de course. La pointe du glacier de la Grande Motte se dessine, je sais que nous devons en faire le tour et avoir un point de mire est plus que motivant. Ce qui l’est moins, c’est la rapidité à laquelle ce glacier fond…
    Les paysages commencent à être ardus et désertiques, presque monochromes. Les quelques lacs que nous découvrons au fur et à mesure de notre avancement sont remarquablement bleus et le contraste éclate avec le « vert prairie » et le « gris caillou ». A certains endroits, on se retrouve seul avec soi-même dans cette immensité, ce sont des moments uniques que j’apprécie particulièrement.

                  

    Le ravitaillement du refuge de la Leisse (Alt. 2450m) pointe sont nez et c’est avec grand plaisir que je m’y arrête. L’accueil est superbe et le stand est remarquablement tenu par une belle équipe de jeunes demoiselles. L’assistance est vraiment ordonnée, pas un seul coureur arrivant pendant ma présence ne se retrouvera seul, c’est très agréable et mille mercis à tous ces bénévoles ! Je fais le plein de Beaufort, cacahuètes et je prends même un fond de soupe « made in refuge », excellente !

    Avant de repartir, je trempe ma casquette dans la fontaine d’eau fraiche. Ça fait un léger choc thermique, l’eau glacée ruisselle le long de mon dos mais se tempère très vite. La tête est sommairement protégée par l’humidité de mon « capéou », ça fait du bien, je suis remonté à bloc. Je m’en vais rejoindre le fond du vallon de la Leisse à la recherche du « Pont de Croe Vie » (Alt. 2099m). Le chemin parallèle au torrent de la Leisse est relativement long et droit, si bien que le moindre coureur devant, même éloigné, représente un bel objectif temporaire. Je relance donc bien ma foulée, ça tourne rond et rattrape quelques concurrents. Un peu plus loin, j’aperçois le fameux pont romain mais ne vois aucun coureur. Mes yeux se lèvent devant cet « énorme » raidillon (en fait il y a seulement 270 mètres à grimper mais la fatigue commence à agir), des coureurs sont en vue bien plus haut et les mots sortent de ma bouche sans contrôle – « ho non, encore tout ça ?? » Les silhouettes semblent à l’arrêt, cette dernière « montagne » va finir de nous achever !

                  

    Durant cette ultime ascension, je grignote encore quelques places, ma stratégie fonctionne : un départ à l’économie puis je finis fort. Devant moi, un « costaud ». Le genre de gars capable de faire et de finir ce type de course avec tant de dénivelé sans bâton !! Je lui exprime mon admiration et mon respect, nous discutons quelques secondes et je reprends ma route. Avant le sommet, petit cadeau de la nature, un petit bouquetin - ou cabri - cherche de quoi se nourrir, je ne le dérange pas plus que le temps de le prendre en photo, certes il ne fait pas la pose mais c’est déjà ça !

                  

    Au sommet, le tableau est somptueux, c’est que du bonheur. Je revois la longue ligne droite surplombant la Leisse et le chemin bien raide parcouru depuis le pont.

                  

    Je repars en marche rapide. La dernière côte me laisse quelques traces dans les mollets, les muscles commencent à tétaniser. Je détends au maximum les jambes sur une bonne centaine de mètres avant de relancer la machine. C’est dur. L’instant où mon corps passe de la marche à la course à pied est assez violent et la lourdeur de l’air bouillant n’arrange pas la chose. Je sais que le final est pour bientôt, je sais que ma douce et la famille seront présents à l’arrivée, je pense à mon frère de cœur « Lolo », je sais pourquoi je cours : pour soutenir l’association afa.asso. Ce sont autant de raisons pour poursuivre mon effort.
    Nous sommes toujours au cœur du parc. L’Aiguille de la Vanoise pointe son sommet, le Lac du Col de la Vanoise et le Lac Rond se succèdent avant de se retrouver au pied de la Majestueuse Grande Casse, c’est merveilleusement beau, je me sens tout petit !
    Le dernier ravitaillement est face au « Glacier des Grands Couloirs » et je reste planté là quelques instants, sourire aux lèvres !
    Pour la dernière fois, je remplis ma gourde, pioche dans les assiettes que l’on nous offre et refais mes lacets en vue de cette longue descente caillouteuse. L’eau est directement tirée, par je ne sais quelle technique, de la fonte du glacier et je bois directement à la sortie du tuyau, elle est bonne, meilleure qu’un Ricard bien frais !

                  

    C’est parti, je quitte le Col de la Vanoise et son refuge du même nom (Alt. 2517m). Les sifflements perçants des marmottes et les virages serrés dans les pierriers donnent le tempo avant d’atteindre le sublime Lac des Vaches (Alt. 2300m)

    S’ensuit alors un interminable chemin rocailleux & sinueux, emprunté jadis pour le commerce du sel et le colportage. Mes pieds commencent à souffrir, la pente au coté du Refuge des Barmettes (Alt. 2015m) s’accentue et par bonheur la taille et la densité des cailloux sur le chemin se réduisent, c’est que du plaisir pour mes orteils ! Nous empruntons le GR55 pour revenir au centre de Pralognan-la-Vanoise et passons aux Fontanettes. Des odeurs de cuisine embaument l’air et les premiers applaudissements se font entendre depuis la terrasse du resto, c’est touchant. Ma détermination à finir ce trail est sans précédant, j’en remets une couche et accélère de nouveau même si mes pieds hurlent !
    Les sous bois et les premières zones ombragées arrivent et je les accepte avec la plus grande joie. Pralognan est en vue !

    Je longe la dernière piste de ski, aborde les derniers virages en « S » avant de débouler les quelques marches qui nous séparent du bitume annonçant « le retour à la civilisation ». Les deniers hectomètres défilent à toute allure, je suis à 14-15km/h et les applaudissements fusent dans tous les sens. C’est vraiment très émouvant, je vois légèrement trouble… Le tapis rouge et l’arche de l’arrivée sont là, la famille exprime sa joie de me revoir tous appareils photos dehors, tandis que le speaker annonce mon numéro de dossard et mon temps ! Ça y est, je viens « d’accomplir le Tour de la Grande Casse » en 10h51 et une très belle 48ème place au général, inespéré !!

    www.photogone.net

     

    Quel trail, quelle course, quelle aventure… Un moment magique, une empreinte dans ma mémoire de coureur.
    En toute humilité et à taille humaine, ce TGC est un bijou ! Tout est réuni pour passer un très grand moment à courir au milieu de ces sublimes montagnes.
    L’organisation, sans faille, est brillamment orchestrée par l’Office du Tourisme de Pralognan-la-Vanoise. Les bénévoles sont d’une gentillesse et d’un dévouement exemplaire, merci à vous pour ces instants mémorables et merci, bien évidement, à la famille d’avoir vécu avec moi ce jour de trail pas comme les autres.

    CLASSEMENT

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 29 Août 2012 à 23:12

    Un grand bravo pour avoir terminé ce trail ! Le parcours et le récit que tu en fais donnent vraiment envie ...

    2
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mercredi 29 Août 2012 à 23:21

    Super, je vois que je ne suis pas la seule à me predre n'importe où :) Belle course, bravo !

    3
    Jeudi 30 Août 2012 à 08:42

    > Roms on Trail: Merci, ton compliment me fait très plaisir !


    > Capsulle: C'est un peu une deuxième passion chez moi, me perdre...    Tssss j'te jure, un vrai boulet !!

    4
    Ménissa
    Jeudi 30 Août 2012 à 21:36

    Bravo Wilfried !! Ce dernier trail par ton récit et tes photos donnerait presque envie à une personne comme moi de le tenter car c'est vraiment magnifique !!!

    Reprend donc des forces pour le prochain (car je suppose que tu as de nouveau projet de course maintenant).

    A bientôt ;)

    5
    Vendredi 31 Août 2012 à 08:36

    > Ménissa: ça me fait plaisir de te lire, merci pour ton message ! J'espère que tout va bien pour toi !
    En effet, c’est magnifique et à Pralognan ce n’est pas les randos qui manquent : http://www.trail2will.fr/off-reco-rando-final-trail-tgc-a48608580
    J’ai bien récupéré et bien évidement j’ai de nouvelles courses pour soutenir l’afa.asso
    à Cf. encadré « Trails à venir » dans le menu à gauche.
    Au plaisir, bye !

    6
    Samedi 1er Septembre 2012 à 19:39

    Encore félicitations!

    Un bien jolie trail. Ca donne des idées pour le futur.

    Après un peu de repos tu te lance dans quoi?

    Bonne continuation et bonjour chez toi!

    7
    Lundi 3 Septembre 2012 à 11:48

    > Lartdeschoix07: Merci à toi !
    Mon année pour soutenir l'afa.asso est encore belles de trails !! Je continue avec le St-Jacques / les Templiers et pour finir la SaintéLyon


    à Cf. encadré « Trails à venir » dans le menu à gauche.
    à Cf. onglet
    « Trails 2012 » dans le menu en entête

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    8
    larsendeTdL
    Jeudi 6 Septembre 2012 à 10:39

    Quel récit ....magnifique ....à la hauteur de ton exploit

    J'en ai des frissons d'émotion sur les avant-bras, respect Will !

    9
    Jeudi 6 Septembre 2012 à 13:57

    > larsendeTdl: Merci Michel ! Ton commentaire me touche !
    Ton périple en VTT est également superbe  (http://cyclocrampons.free.fr/forum_old/viewtopic.php?f=1&t=3951&start=0)
    Bien le bonjour chez toi.


    (Ps: il y avait doublon de message, j'en ai donc supprimé un)

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