• Trail des Gorges de l'Ardèche – Dimanche 27 mai 2012

    A mon grand-père Baptiste…

    C’est avec mon club, Courir à Saint Alban de Roche (CASA), que je me rends dans le magnifique village de St Martin d’Ardèche, pour tout un week-end. L’organisation du séjour est une réussite totale, merci encore !
    Plusieurs parcours sont proposés : un « Découverte » de 10kms, un « Classique » de 23kms et un « Elite » de 41kms. Avec tout ce choix, nous ne pouvons que faire une belle sortie club ! La majorité, moi compris, sommes engagés sur le semi qui compte 700mD+ (dénivelée positif). Cependant, les résultats du vainqueur 2011 en 2h17 m’avertissent que le parcours ne sera pas facile en comparaison avec le parcours du Petit Savoyard 2011 (23km - 1450mD+) dont le 1er termine en 2h12…

                  

    Après une nuit passée en mobil-home avec mes supers colocataires (Valérie, Nathalie, Stéphanie et son homme Olivier), je pars avec le groupe des « Elites » afin de profiter de leur départ et prendre la température d’avant course. Cela me permettra également de faire passer la nuit agitée (trop chaud, froid) et le petit stress pour mon retour à la « compétition » après mes blessures…
    Il est 7h00 du matin, le soleil est déjà levé sur l’Ardèche et les hirondelles sifflent au-dessus de nos têtes, on se croirait déjà un matin d’été !

    L’ambiance est super, il y a quelques stands publicitaires et l’arche de départ est idéalement placée entre l’église du village et la plage du Sablas.

                   

    Je me prépare tranquillement de mon coté en prenant soin de bien m’échauffer les mollets puis avec le groupe de St-Alban nous nous plaçons sous l’arche. Nous sommes 277 sur le départ à écouter les dernières recommandations du speaker et les sourires sur les visages des coureurs est signe que la course va être conviviale !

                     

    Le compte à rebours est lancé… et c’est parti pour une balade dans les Gorges de l’Ardèche !
    Le club est groupé, nous nous souhaitons tous une belle course et je pars à mon rythme dans les rues de St Martin. Nous quittons le village en empruntant le pont suspendu.

     Trail des Gorges de l'Ardèche – Dimanche 27 mai 2012

    Il y a du monde dessus en train de courir et l’ouvrage bouge ! Il ne faudrait pas qu’il se mette en résonnance est pète (n’est-ce pas Larsen ?) ! Ça passe tranquille mais les sensations ont été impressionnantes, à tel point qu’à un certain endroit j’ai eu le sentiment de « tomber » dans un trou… ou à l’inverse, me prendre une marche d’escalier ! A la suite de ça, nous quittons le département de l’Ardèche pour rentrer dans celui du Gard.
    Les sensations sont plutôt bonnes sur cette portion de route qui monte et je rattrape un petit groupe du club de Bourgoin-Jallieu (CSBJ). Nous échangeons quelques mots avants de pénétrer dans le seul village du Gard à être labélisé «l’un des plus beaux villages de France » : Aiguèze. Le village est superbe, rues pavées, maisons en pierre, façades fleuries, arches… Le parcours nous promène dans les ruelles jusqu’au cœur du village, c’est très ludique, on se régale tous ! Les directions sont très changeantes et rapides, ça passe d’une ruelle tantôt à droite, tantôt à gauche. Nous passons sur une belle place, c’est magnifique et je ne vois pas que la cadence augmente, à la bonne heure ! Nous sortons d’Aiguèze par quelques marches et arrivons sur les premiers chemins vallonnés du trail. C’est caillouteux mais assez roulant, le panorama est superbe. Le décor est très similaire à celui du Trail de Fontaine de Vaucluse nous sommes en pleine garigue, ça sent la Provence à plein nez ! Je surveille le cardio afin de ne pas trop laisser de forces des le début de cette course. Les jambes répondent bien, je suis frais, je continue alors à avancer à mon rythme. La première montée arrive et je la négocie en marche rapide et en profite pour bien me désaltérer et reprendre un souffle calme.

    Tous les voyants sont au vert pour pouvoir profiter un maximum de cette course. Je ne tape pas trop dedans, les jambes sont là et pas de problème aux niveaux des mollets. Je décide donc, de me tester sur toutes les montées et essaye de reprendre quelques places au général, j’accélère et passe la plupart des montées en courant. Les parties roulantes passent très bien et les coups de cul me permettent de me refaire une petite santé quand l’afflux des coureurs est trop important pour pouvoir les passer. Le paysage change et nous passons dans la partie boisée de ce trail. Pendant quelques temps, je vais rester avec une chouette personne, avec qui je prends vraiment un grand plaisir à courir tout en discutant ! Il me dit qu’il est vigneron, nous parlons de cépages, de côtes du Rhône, de course à pied, bref on refait le monde ! Il définit les endroits où l’on passe de « tunnel de verdure » la métaphore est très bien trouvée car c’est exactement ça ! Je laisse mon camarade, en lui souhaitant une bonne fin de course et pars à l’assaut d’un groupe à 2/3 minutes devant. Une fois à leur hauteur, nous attaquons une belle montée en pleine forêt. Ça monte fort et je me sens à l’aise, je me permets même de prendre quelques places. Une belle descente arrive mais les lacets à travers les arbres et la forte pente du monotrace ne nous permet pas de nous lâcher complètement. Les troncs d’arbres et les branches nous servent, à certains endroits, à nous retenir.
    Le chemin redevient roulant, sans difficulté majeure tout en enchainant quelques montées et descentes à travers bois. Je rattrape plusieurs coureurs échelonnés, jusqu'à ce qu’un gars reste avec moi. Je mène une bonne allure, le cardio est sollicité mais je me sens super bien alors j’en profite ! Le gars me propose de prendre le relais et accélère encore un peu. Nous avançons à 14-15km/h sur de beaux sentiers vallonnés. Je le suis en essayant de me préserver car je sais très bien que le rythme imposé est plus costaud que le mien. Je le laisse prendre quelques longueurs d’avance mais le garde en visu ! Il fait office de « lièvre » de luxe et je l’en remercie. Nous regagnons un groupe et je profite d’être emporté par la masse pour m’économiser et reprendre quelques forces. Mon collègue part devant, je le laisse filer car c’est un poil trop rapide pour moi. Plus tard, les premières vue des gorges s’offrent à nous à travers les arbres, c’est grandiose.


    Une belle descente arrive, l’humidité commence à se faire sentir et le bruit de l’eau se fait entendre. Nous sortons du bois sur un dernier virage et débarquons sur une magnifique  plage de galets. Le paysage est merveilleux ! Nous sommes coincés entre ces parois rocheuses qui bordent l’Ardèche. C’est plus du tout le même univers qu’il y a à peine 2 secondes, c’est surprenant !

                   

    La progression sur ce type terrain est compliquée. Rien n’est stable, les galets roulent sous nos pieds  et les appuis sont fuyants, un peu à l’image d’un trail blanc avec une neige molle... Si l’on ne fait pas attention, on peut y laisser pas mal d’énergie. L’effort sera de coute durée car le ravito (le seul de la course) est là. Je prends quelques verres de bulles brunes coupées à l’eau, discute quelques instants avec les bénévoles sur cette belle plage des Templiers. J’apprends que l’on va faire la traversée de l’Ardèche en canoë car la montée des eaux de ces derniers jours a empêché de construire « le pont de canoës ». Sécurité oblige. J’enfile le gilet de sauvetage et monte dans l’embarcation et c’est avec plein d’adresse que le capitaine du navire me débarque sur l’autre rive en un rien de temps, merci à lui.

                   

    Le rivage est glissant, je profite de la vue et ne fais pas attention à mon pied droit qui glisse dans l’eau, belle erreur ! Je repars alourdi par ma godasse pleine de flotte, je n’aime pas ça ! Je retrouve la même allure et continue à suivre la rivière pendant une dizaine de minutes avant de prendre de la hauteur. Non loin de moi et depuis quelques temps, je joue au chat et à la souris avec un jeune couple dont le rythme est très correct. Kilomètre 16, une nouvelle petite ascension nous ralentit et nous rattrapons quelques coureurs du grand parcours ! Je retrouve un collègue du club, je ne comprends pas ! Un coup de moins bien certainement, pas assez d’entrainement ou le parcours trop exigeant !? Je lui demande si tout va bien, je reste avec lui quelques instants et il me dit de filler car tout est OK pour lui. Sur ces mots, je le laisse en lui souhaitant de bien finir sa course et m’en vais récupérer les jeunes tourtereaux qui ont pris de l’avance. Le parcours commence à ce compliquer, les cailloux deviennent de plus en plus gros jusqu'à devenir des rochers, les coups de cul se font plus raides et la végétation s’amenuise !


    Le train mené par mes deux amis du moment ne laisse pas la place à réfléchir comment prendre tel ou tel rocher, l’obstacle est là, on arrive dessus, on le passe en quelques enjambées et on relance la machine !
    Cela fait un moment que je n’ai pas pris le relais du fait des sentiers étroits et qu’il y ait très peu de passages pour passer devant. Je suis avec Karolina, son compagnon Neil et nous revenons ensemble sur un groupe. A ce moment là, le chemin se fait plus large et j’en profite pour passer mais malheureusement mon pied, encore trempé, glisse sur un caillou et je viens percuter et écraser la cheville de Karolina, sans gravité heureusement ! (Encore toutes mes excuses). Certains passages sont très délicats mais la sécurité sera toujours de mise et des mains courantes à notre disposition afin de pouvoir passer sans encombre rochers et autres échelles métalliques. La pierre à repris ses droits sur cette superbe flore et c’est avec regret qu’elle me rappelle d’avoir gouté l’eau un peu plus tôt, mon pied se fait sentir. L’impact de mes foulées est lourd, le sol n’absorbe rien et pour couronner le tout rien n’est horizontal ! Le parcours est constamment en dévers et plein d’obstacles : je commence à comprendre les chronos… Nous passons quelques mini « via-ferrata », alors que le fleuve est là sous nos pieds et reprenons la suite du parcours en suivant les rubalises qui nous nous emmènent à ce que l’on pourrait prendre pour un « un cul de sac », mais non ! Un bénévole nous signale de faire attention au passage dans la cheminée car c’est assez étroit ! En effet, après avoir monté les barreaux encastrés dans la roche, il faut ramper dans une étroite cheminée. Je quitte mon sac à dos pour plus de facilité, m’extirpe et prends quelques photos des lieux.


    Après ce petit divertissement, le parcours reste bien roulant mais la roche avec ses angles vifs, ses trous qu’il faut sauter et l’adaptation aux changements de directions rapides, commence à me faire serrer les dents. Une belle ampoule commence à se former entre le gros orteil et la voute plantaire, juste à l’endroit où je prends mon équilibre et mes appuis, ça chauffe ! Je suis toujours devant, je me désaltère régulièrement et mange une barre de pate d’amande, ça passe bien et l’effet est quasi immédiat ! L’écart se creuse avec mes camarades et au loin, à 10 bonnes minutes, j’aperçois un maillot fluo d’un autre concurrent. La cible est trop belle, il reste 3/4 kms, ça sera mon objectif de fin de course : le rattraper ! Le changement de végétation opère encore une fois et je reprends les chemins mi sable, mi galets. C’est un peu moins cassant mais tout aussi compliqué pour moi et mon ampoule. Allez, le gars en t-shirt fluo est tout proche, j’en remets une couche, j’ai l’impression d’être un mercredi soir au stade d’athlé en train de faire de la VMA, j’envoie ! Il se retourne de temps en temps mais rien à faire, j’ai la patate et je vais le rattraper ! Mes pieds sont fuyants sur ce fichu chemin de galets et chaque pas me fait mal. J’opte alors pour passer sur les cotés du chemin, c’est de la terre compacte avec quelques herbes hautes, ça ferra l’affaire. Le répit sera de courte durée car le tracé se finit et je dois revenir sur le chemin. Les encouragements des spectateurs se font de plus en plus nombreux et j’aperçois le groupe d’accompagnateurs de mon club, Courir à Saint-Alban de Roche. Ça me fait plaisir, m’encourage et ils me permettent de me concentrer, l’espace de quelques secondes, sur autre chose que sur mon pied !

                   

    C’est bientôt la fin, je quitte le chemin puis rejoins en même temps la route et le coureur qui m’a servi de point de mire. Je le passe en l’encourageant, il me tape amicalement l’épaule en me disant de filer. J’entame la dernière ligne droite, l’arche d’arrivée est là, le commentaire du speaker me fais sourire et je passe la ligne d’arrivé en 2h50min (02 sec).
    L’arrêt est un peu brutal après ce gros retour et bafouille en voulant parler avec les bénévoles qui récupèrent les puces. Je m’assois pour récupérer mon souffle et félicite mon poursuivant qui est arrivé quelques secondes derrière.
    Juste un peu plus tard, sur le ravito, je retrouve le couple avec lequel j’ai fait un bout de course et nous discutons de nos ressentis. Nous nous félicitons pour cette entraide et faisons plus ample connaissance ! Avant le podium, Karolina (3ème féminine, bravo !) et Neil viennent me retrouver pour que l’on échange nos adresses mails. C’est ça aussi l’esprit trail, l’échange et la convivialité !


    Voilà un très bon trail à faire ou à refaire…
    Les sensations ont été excellentes tout du long, un vrai régal. Une bonne remise en jambes sans trop avoir tapé dedans.
    Le parcours est magnifiquement varié avec des vues extraordinaires ! La concentration doit être présente à chaque instant sur ce tracé qui est parfois même éprouvant. Un vrai trail dans la pure tradition avec 1 ravito pour les 23km. Des bénévoles aux petits soins avec les coureurs. C’est une organisation efficace et sécurisante. Un super trail !
    La seule ombre au tableau (il en faut bien une) est pour le ravito d’arrivée qui reste à mon goût un peu trop light et pas vraiment séduisant. L’Ardèche est riche en produits du terroir, faites les nous partager !!

    Bravo à tous les membres du club de St-Alban de Roche qui ont participé, ou non, à ce superbe trail des Gorges de l’Ardèche. Je tiens à souligner la très belle performance d’Elise PEULET, membre du club de St-Alban et pour sa première fois sur un 40kms, qui finit le parcours « Elite » sur la plus haute marche du podium chez les féminine en 5h54 (30sec). Bravo à toi !!


    N.B : J’ai profité d’être sur les lieux pour aller voir mon ami Vincent G. et sa famille. Merci à eux qui après toutes ces années d’amitiés, m’accueillent toujours aussi chaleureusement et les bras grands ouverts !!
    Et vive les clochers… 

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Juin 2012 à 23:31

    Bravo, une très belle course dans des paysages de toute beauté ! Belle reprise, je suis contente pour toi

    2
    Lundi 18 Juin 2012 à 19:04

    Bravo pour ta course dans le plus beau département du monde.

    Si les sensations reviennent ce sera tout bon pour la suite.

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