• Trail des Reculées - Dimanche 06 Avril 2014

    A Jean-Yves.

     

    La saison est belle est bien lancée ! Ce dimanche, je prends le départ du grand parcours, le 58km.
    Le trail des Reculées !? « C’est une course où tout le monde part en « reculant » ? » Comment dire... c’est presque ça !

    Voilà ce que c’est une reculée:
    (merci Lolotrail pour l’idée):

    [Reculée : Le Revermont (qu'on peut définir comme les premiers contreforts du massif du Jura, et la frange bressane qui s'étire de Bourg-en-Bresse à Lons-le-Saunier) est serti de dizaines de reculées qui sont une particularité géologique du Jura.
    Les reculées sont des vallées étroites et profondes bordées de falaises et de hautes parois abruptes qui se terminent en cul de sac et à la base desquelles ontrouve toujours un
    e grotte ou un réseau souterrain d'où sort une résurgence, donnant naissance à un cours d'eau qui occupe ensuite le fond de la vallée.

    Définition : Vallée échancrant le rebord d'un plateau calcaire (Jura, Languedoc, etc.) et se terminant  brutalement vers l'amont en « bout du monde »]
    D’après, Jura-Tourisme, Larousse

     

                                                                    Village de Baume-les-Messieurs

    Voilà une très belle course pour monter tranquillement en puissance en vue de mon calendrier 2014.

                  

    Le samedi après midi, Sarah et moi rejoignons avec grand plaisir, une équipe de mon ancien club Courir à St-Alban de Roche (Carlos, Sylvie, Roland et Françoise), un peu trop réduite à mon goût. Pour la plupart d’entre eux, je ne les ai pas revus depuis notre emménagement dans le Jura, en juin dernier. Retrouver des visages familiers nous fait énormément de bien, la course s’annonce donc sous les meilleurs auspices. D’autant plus que durant la semaine avant la course, je croise dans les ruelles de Dole et par le plus grand des hasards, Joël et Maria, deux autres personnages emblématiques du club de St-Alban.
    A la terrasse d’un café de Lons, les heures filent, les souvenirs de courses et les discussions fusent. Le temps avance, l’air se rafraichit, nous quittons les lieux et allons retirer les dossards. J’en profite également pour aller récupérer mes nouvelles chaussures sur le stand de Romain, membre également du Team Trail Jura.
    Demain, pour un 58km, j’aurai des chaussures neuves... c’est un peu dingue, risqué même, mais je n’ai pas trop le choix, on verra bien.
    Sarah et moi, quittons la place de la Liberté, nos amis et retrouvons la famille qui nous accueille pour la nuit. Habitant à quelques kilomètres du départ, ça serait dommage de passer à coté d’une soirée chaleureuse, ô combien réconfortante avant une compétition.

    Je me lève aux aurores. Mes accompagnateurs du matin ne tardent pas à faire leur apparition à leur tour. Nous nous préparons tranquillement et c’est avec de petits yeux que nous retournons place de la Liberté à Lons-le-Saunier pour le départ du trail.
    Sur place, tout en m’échauffant et portant fièrement le dossard n°39, je vais de surprise en surprise ! Je retrouve Roland, venu m’encourager avant son départ sur le 19km, mes beaux-parents toujours autant souriants et enthousiastes ; Bruno un ami du team Raidlight également sur le 58km et enfin je fais la rencontre de Sam, Traileur des 7 Monts venu promouvoir sa formidable course Un Tour en Terre du Jura.

                  

    Concentré mais sans aucune pression, je prends place sous l’arche de départ. Les dernières recommandations sur le parcours et la couleur des rubalises sont données puis le décompte s’écoule. Il est 7h30, c’est parti pour une belle journée de trail !

                  

    Le départ est plutôt tranquille mais une scission se forme dès la sortie du centre ville entre le groupe de tête, constitué d’une trentaine de personnes et le gros du peloton. Je pointe les premiers à 15s et derrière, s’égrainent d’autres poursuivants.

                  

    Ce matin je suis fainéant, je ne fais pas l’effort pour recoller et reste sur ma foulée. La première bosse de Montaigu passe bien, je recolle à la première féminine mais quand on bascule, madame s’envole avec deux gus ! Baskets neuves aux pieds, je ne me risque pas à faire cette première descente et me préserve aussi pour la suite.
    Je rattrape trois coureurs avant d’emprunter le Tunnel des Cent Marches. Il y fait nuit noire à l’intérieur mais, fort heureusement l’organisation a prévu « quelques lumières » pour signaler le début et la fin de chaque pallier. En bref, c’est à tâtons que nous traversons ce tunnel et que nous regagnons la lumière, moi ça m’a fait marrer.

    Le terrain est souple, je garde mon rythme et je relance par intermittence sans me mettre dans le rouge. Je passe sans marquer de pause le premier ravitaillement et l’effet du dossard 39 se fait vite entendre. Les encouragements et les applaudissements sont plus enflammés que d’habitude, c’est top, merci et bravo le Jura !
    Non loin de là, je retrouve mon assistance de choc. Nous échangeons quelques mots, je récupère mes bâtons et repars à l’attaque. L’aide des bâtons au vu du profil typé « peigne » me sera fort utile. Sur les montées pas trop cassantes ni trop raides, j’opte pour une allure au trot et l’aide des bâtons, ailleurs ça sera marche rapide tout en poussant sur les cannes.

                  

                  

    L’économie du départ de course paye ! Je commence à rattraper quelques coureurs par-ci, par-là mais je suis toujours seul. C’est toujours un plus pour le moral, quand tout tourne rond, de pouvoir aller chercher le concurrent devant soi. Pour l’instant, c’est top, ça roule. Je m’alimente et m’hydrate correctement et je commence à retrouver de bonnes sensations avec mes nouveaux sabots même si l’accroche est un peu faiblarde.
    Les chemins sont superbes et les vues resplendissantes. Je m’en donne à cœur joie, j’ouvre grand les yeux, j’en profite au maximum. De temps à autres, je sors l’appareil photo et profite des ces quelques secondes pour me refaire la cerise.
    Les sentiers me parlent, je commence à reconnaitre le circuit que nous avons emprunté lors de la reco en début d’année mais surtout les souvenirs de rando lors de nos premières vacances passées avec ma douce à Baume-les-Messieurs. Je crois bien qu’a cette époque, le Jura m’avait fait un clin d’œil et aujourd’hui, j’y habite, signe avant coureur ?
    Savoir où l’on se situe sur le parcours, la distance du prochain ravito, la prochaine bosse, etc. est toujours un plus. Là, je suis au magnifique belvédère des Reculées de Baume et en fond, le village de Baume-les-Messieurs où se trouve le deuxième ravito. Je me lâche dans la descente qui mène aux grottes, passe devant la cascade et le sentier longeant « le Dard » qui nous conduit au village. Il est accidenté mais très sympa, je me régale.

                  

    Un petit circuit touristique nous promène dans les ruelles du village avec comme point d’orgue, l’Abbaye de Baume. C’est franchement sublime, j’en oublierais presque que je suis en course. Le ravito est là et mes accompagnateurs sont fidèles au poste. Je remplis mes bidons, grignote quelques fruits secs et repars sans trainer.

                 

    Avant de quitter les ruelles de Baume, je croise une nouvelle fois Bruno, nous nous encourageons avec enthousiasme puis j’emprunte le sentier qui nous emmène aux Echelles de Sermu. Le chemin est étroit, pentu et la caillasse rend la course plus compliquée. Ça zigzague, et les hautes marches taillées dans la roche, les fameuses « Echelles », font leur apparition. Sur un replat, je récupère un coureur. Nous discutons un instant et je le lâche dans la descente, qui plus tard nous ramène sur les hauteurs de Granges-sur-Baumes. La famille est toujours là ; ils me poussent de leurs encouragements, c’est que du bon ! Une dernière vue sur la splendide Abbaye de Baume et nous partons en direction de Blois-sur-Seille. Les chemins sont différents, plus ouverts avec de grandes lignes droites.

                 

    Le problème sur ces chemins, c’est que la visibilité est grande donc le coureur devant nous, s’il y a, nous semble toujours à quelques foulées. J’accélère donc un peu le rythme et rattrape le dit concurrent. Plus tard, je payerai ma fougue et laisserai pas mal de plumes sur le chemin forestier menant à Blois.
    Je n’arrive plus à relancer, je n’ai plus de jus et mes réserves en eau s’appauvrissent à vue d’œil, j’économise, ça craint ! Tour à tour durant ce long faux plat, quatre gus me dépassent et je n’ai ni le courage, ni la force pour prendre le train en marche, dommage. Tant bien que mal durant la descente, je recolle au dernier m’ayant passé quelques temps plus tôt mais malgré les encouragements des miens à Blois, je resterai derrière. Ma déception est encore plus grande, car je pensais y trouver un ravitaillement et refaire le plein, pfff il va falloir que je serre les dents jusqu’à Château-Chalon ! L’obsession d’arriver à ce ravitaillement est intense, je me focalise sur les paysages histoire de penser à autre chose que le fait que suis en train de ramasser sévère. Je fais même une micro séance de sophrologie en courant, je me relâche, je me détends, ça fonctionne, je suis plus zen, plus serein.
    Enfin quelques maisons font leur apparition et le chemin descendant m’aide bien à rejoindre ce ravito tant attendu ! Dans les ruelles de ce sublime village viticole, haut lieu de gastronomie et où l’on produit les meilleurs vins jaunes - AOC Château-Chalon - on m’attend encore et les encouragements pleuvent. Ça remotive, de plus j’ai la surprise d’avoir mon neveu et ma nièce m’accompagnant quelques mètres avant que j’étanche ma soif. Je me refais une santé, je bois, je mange et m’assieds une bonne dizaine de minutes, il me faut au moins ça ! Autour de moi, les autres concurrents n’ont pas l’air pressés de repartir, qu’à cela ne tienne !
                  

    Toute la belle famille est là, même le papy confortablement installé sur son fauteuil, ça me touche profondément. Je reprends mon chemin en solo dans les pentes du vignoble, tout plein d’énergie et reboosté pour ces vingt derniers kilomètres.

                       
    Les côtes ne sont pas finies pour autant ! En voilà une belle en face de moi, je la passe en jouant des bâtons. Les chemins sont larges et au détour d’un grand virage j’ai de la visibilité sur un groupe de six qui me devance. J’effectue un rapide pointage, ils sont à cinq minutes. J’accelère le pas et me dis que pour finir la course, un peu de compagnie me ferait du bien, mais les lascards devant n’en démordent pas. Je repointe quelques temps après, l’écrart reste identique, je sais alors que je ne pourrai pas revenir. Quelques kilomètres plus loin, nous retournons une énième fois en forêt et, sorti de nulle part, un coureur déboule sur ma gauche. Il s’agit tout simplement des différents parcours (58 et 36km) qui se regoignent, signe que l’arrivée n’est plus très loin. Je passe rapidement le dernier ravito, ratrappe plusieurs coureurs mais hélas je ne reprendrai plus de place au classement général. Les dernièrs instants de cette course sont usants. Une belle bosse à Chille et nous regagnons le centre de Lons par deux kilomètres de route. L’arche est au fond de la rue du commerce, il y a du monde, mes amis, ma famille sous ses remarquables arcades. Je termine la course en 6h42 et prend la 23ème place au général, très satisfait !

    Un peu plus tard, je retourne auprès de mes amis Isérois et Jurassien pour partager nos ressentis à chaud sur ce magnifique trail autour d’un bon repas d’après course : « Poulet au Vin Jaune et aux Morilles », s’il vous plait !

    Un grand bravo et merci aux organisateurs, bénévoles, public et à mon équipe de choc. Un superbe trail avec un parcours somptueux et avec le grand bonheur de faire la rencontre de quelques personnes, mais aussi le plaisir de retrouver mes amis le temps d’un trail.


     
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  • Commentaires

    1
    Solène
    Mercredi 18 Juin 2014 à 22:41

    Ah le Jura, quels beaux paysages :-) Bravo Will pour tous les parcours que tu fais ! Des gros bisous à toi et Sarah

    2
    sylvie
    Jeudi 19 Juin 2014 à 14:00

    nous avons été tres heureux de faire ce superbe trail et de revoir will et sa compagne


    a l'année prochaine ,on tachera d'etre plus nombreux;bisous à vous deux;sylvie


     

    3
    Samedi 28 Juin 2014 à 11:31

    Bravo a toi pour cette belle épreuve. J'ai vraiment aimé lire ton CR. Bonne continuation à toi.

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    4
    Lundi 7 Juillet 2014 à 14:23

    Merci pour votre visite qui m' a permis de découvrir votre site. La reculée de Baume-Les-dames ... considérée par les géologues comme étant le plus bel exemple de reculée. Souvenirs ! Bel après-midi et bonne continuation. Annick

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