• Trail du Ventoux - Dimanche 24 Mars 2013

    C’est un week-end familial que j’ai passé en Provence, chez moi, à l’occasion de la 11ème édition du trail du Ventoux.
    Compte-tenu de la météo incertaine, la semaine précédant la course, c’était à se demander à quelle sauce nous allions être mangés. Passera ? Passera pas au sommet ? Finalement, vendredi soir la nouvelle tombe : c’est le parcours de substitution (tout de même 43km et 2400mD+) que nous prendrons dimanche et pas de visite de l’antenne du Mont-Ventoux, dommage mais sage décision de l’organisation ! Sécurité oblige.

               

    Trail du Ventoux - Dimanche 24 Mars 2013

    La veille, mes parents, Sarah et moi allons récupérer le dossard à Bédoin. Il y a du monde mais les bénévoles sont efficaces donc très peu d’attente. Parmi la foule, je croise le team espoir Salomon, Laurent Brochard (ancien cycliste, champion du monde) et tant d’autres. Faut dire aussi que c’est la 1ère étape de la National Trail Running Cup Salomon Endurance Mag 2013 (sympa le nom à rallooonge), donc du beau monde, des « stars », il va y en avoir !
    En partant du domaine des Florans, je m’arrête au stand Ergysport, du laboratoire Nutergia (l'un des premiers laboratoires français de « Nutrithérapie » qui désigne le fait de se soigner par l’alimentation), pour demander conseils et renseignements complémentaires sur leurs produits. Je suis de plus en plus soucieux de ce je mets dans mon estomac et au vu de ma saison de trail, je souhaite avoir des produits de qualité et qui répondent parfaitement à mes besoins. Très pro et très attentif à ce que je leur raconte, l’équipe de Jean Joyeux, a pris le temps de vraiment bien me conseiller, de m’orienter. Maintenant il va falloir tester les produits sur le terrain et en condition réelle.
    Avant de rentrer au domicile parental, nous prendrons le temps de monter au sommet... L’idée était plutôt enthousiasmante mais au niveau du chalet Reynard nous devons faire demi-tour et constatons une nouvelle fois que le mauvais temps au Ventoux, c’est du sérieux ! On ne le répétera jamais assez, le Mont-Ventoux c’est bel est bien une montagne et non une colline !!

    Le dimanche matin, après un départ un peu précipité de la maison, Sarah et moi arrivons à Bédoin sous la pluie. Au moins, il n’y aura pas de surprise, le ton est donné, je m’équipe en conséquence ! Mes parents nous ont rejoint et sont déjà sur la ligne de départ, les derniers encouragements et derniers regards complices avec ma Sarah et c’est l’heure, les « fadas » sont lâchés !
    Devant, les pros partent extrêmement vite, c’est de la folie ! Je suis toujours aussi impressionné par ces départs de plus en plus rapides, quelles que soient les distances à parcourir.

                  

    Les deux parcours partent en même temps, du coup ça fait vite du monde tout ça ! En sortant du domaine et parmi tous ces parapluies ouverts, j’arrive quand même à revoir ma famille une dernière fois. La route et la file de coureurs se profilent devant moi, la course commence.
    Dans le peloton, l’ambiance est à l’image du temps, un peu triste, ça ne parle pas beaucoup. Les sentiers d’ocres me plaisent toujours autant et nous attaquons les premiers chemins ainsi que les premières montées. Le rythme est cool, je passe les bosses en courant tranquille quand la foule se fait moins compacte.

                     

    Le moment que j’apprécie particulièrement sur ce début de trail arrive, courir sur la crête et longer la falaise, c’est grandiose et (presque) sans risque. J’écarquille les yeux au maximum afin de profiter du paysage sublime de cette belle provence qui peine à sortir de l’hiver même si un peu plus bas, les amandiers sont déjà en fleurs. Les couleurs sont presque automnales et la brume s’agite au gré du vent autour des sommets, c’est resplendissant, je me regale et ne suis pas le seul !

                  

    Quelque temps plus tard, la nouveauté 2013 un « petit » raidard de 400m à 50%, ça monte sec, j’adore.

                     

    Je profite de cet instant pour faire connaissance avec un jeune trailer, plutôt volubile, engagé sur le 26 km. Nous ferons un bout de chemin ensemble mais plus loin je le laisserai filer dans une descente afin d’économiser les cuisses pour plus tard car la route est encore longue.
    Un court passage dans la glaise nous donne pas mal de fil à retordre, les appuis sont totalement imaginaires et les glissades ne manquent pas. Chacun y va de sa petite méthode : pas chassé, en crabe, l’un se tenant aux arbustes, l’autre tentant le tout pour le tout en y allant de toutes ses forces droit dans la pente, en gros c’est un joyeux bordel mais l’entraide domine. Sur ce coup, j’ai de la chance, je ne glisse pas mais les chaussures s’alourdissent d’une bonne centaine de grammes de terre mais au fur et à mesure que la distance s’égrène mes briques aux pieds disparaissent. Plus loin le 1er ravito arrive, je retrouve le gars d’Ergysport qui m’offre une assistance de qualité et remplit ma gourde en boisson effort goût orange, merci mec ! Je ravitaille essentiellement en salé car cela me convient mieux au vu de la pluie qui tombe et préfère garder le sucré tout au long de la course.
    Je repars tout doux, le sol est souple ça me convient parfaitement car les reprises après un ravito lorsqu’il pleut et fait frisquet, c’est pas l’idéal pour les articulations. Je me réchauffe assez vite et reprends mon allure de croisière dans cette forêt méditerranéenne. Un court mais intense passage « droit dans l’pentu » nous rapproche bientôt de la séparation des parcours. Je bifurque sur la gauche, ça y est c’est le début des belles distances de mon programmes trail 2013.

                     

    Le balisage est remarquable ! Les repères rouges, d’une rubalise à l’autre, sont facilement visibles, il est impossible de se perdre et pourtant il y aurait de quoi ! Le tracé nous fait sortir des chemins de randonnée classique en traversant des haies de sapins, mélèzes ou autres cèdres qui bordent les chemins. Parfois, je me demande même s’il y a vraiment une trace, c’est sauvage.
    Nous avons bien grimpé dans la caillasse et déboulons sur une jolie clairière. Je ne doute pas une seconde que la vue doit être superbe par temps clair donc je ne flâne pas et profite du plat pour manger quelques graines salées. Le point culminant du parcours se rapproche et indéniablement la température baisse, la neige fait son apparition.

                     

    Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. La couche de neige n’est pas bien épaisse mais les pas de mes prédécesseurs l’on bien tassée et ça glisse pas mal. La vitesse est réduite et quelques groupes de coureurs refont surface. J’en profite alors pour en rattraper quelques-uns et suis, jusqu’au sommet, un rythme sympa. Les sentiers sont de plus en plus étroits et la roche au sol est saillante. Inutile de prendre des risques ! Je joue la carte de la prudence, ce n’est pas la peine d’y laisser une cheville. La descente se fera relax.
    Nous sortons du bois et arrivons sur un chemin carrossable. La pente est douce, je maintiens une allure aux alentours de 14.5km/h pour ne pas trop faire trinquer ni les genoux, ni les cuisses. Dans la descente, revient sur moi Séverine Vandermeulen (souvenez-vous sur le TGC 2012) nous échangeons quelques mots mais sa vitesse est un poil supérieure à la mienne, je la laisse filer. Dommage, car je sais qu’elle à un très bon rythme quel que soit le terrain et continuer avec elle aurait été agréable et formateur. Ce chemin m’ennuie à souhait et la vue sur fond de brouillard ne m’excite guère, je prends donc mon mal en patience.

                     

    Au bout de quelque temps, le paysage change radicalement ! Difficile à décrire, une impression de néant et de malaise m’envahit. Les grands arbres ont disparu ou sont alors déplumés, la terre est noire et rien ne suppose une quelconque trace de vie animale sur ce territoire. Peut-être un feu, il y a quelques années, serait à l’origine de ce sinistre désastre ?!

    Nous avons déjà parcouru la moitié de la course et sur une descente peu technique, je reprends Séverine qui c’était arrêtée pour changer ses gants trempés, bonne idée car il commence vraiment à cailler ! En passant, je lui dis qu’elle aura largement le temps de me rattraper d’ici l’arrivée. Chose faite un quart d’heure plus tard... j’ai même droit à une tape amicale sur l’épaule et un « allez, allez ! » Pour info, je ne l’ai pas rattrapée..., au plaisir de te retrouver sur un trail.
    La pluie ne cesse de tomber depuis ce matin, j’ai les mains gelées et un coup de moins bien me tombe dessus. Je peine à relancer sur les parties roulantes et les descentes me sont aussi rapides qu’un footing tranquille après un repas trop copieux. La fatigue me surprend, mes yeux se ferment presque, l’instant n’est pas glorieux ! J’essaye de passer outre les idées noires, les remises en question, tout ce qui fait un joli coup de bambou ! Ça fait partie (ou non) du trail, il faut faire avec, je m’adapte. Une idée soudaine me traverse l’esprit : manger ! Du sucré, voilà ce qui me ferait du bien. Ça tombe bien, car dans le souci de préparer mes grands rendez-vous de cette année, j’ai sur moi, en test, une barre énergétique de chez Mule bar
    , la « mango tango » pour ceux qui veulent savoir. La barre est moelleuse, facile à sortir de son emballage et mâcher me fait le plus grand bien. Le gout légèrement acidulé me sort de cet état de somnolence. Je dois être au plus bas car l’effet de la barre est quasiment instantané, je me décrispe retrouve du jus et la motivation pour recourir. 3km à cogiter sous la pluie et dans le froid c’est long, mais là c’est reparti, feu Francis !
    L’énergie étant revenue, je passerai une belle montée dans les pierres en marche active entremêlée de relance, je reprendrai quelques coureurs, c’est encore du plus pour le moral.

    Ça bascule et le deuxième ravito nous attend à la fin de cette courte mais forte pente. Sous le chapiteau il fait bon vivre on y resterait bien. Pour me réchauffer, je prends deux gobelets de soupe et repars en faisant le plein de boisson + chocolat au riz soufflé. En sortant de la tente, ça caille et je suis trempé je décide de changer mes gants. Je m’interroge encore pourquoi je ne l’ai pas fait tranquillement au chaud, des fois j’vous jure... Je retrouve un confort non négligeable et le tracé de la course me plaît, je m’en donne à cœur joie. Sous les sapins, le sentier est meuble et bien dynamique, nous zigzaguons entre les troncs, c’est ludique, je m’éclate.
    Sur ce trail, il y a une variété de paysages vraiment étonnants et variés c’est que du bonheur, courir en Provence me ressource.

                     

                     

    Les souvenirs de 2011 me reviennent, je sais que les montées sont désormais derrière nous, les sentiers deviennent familiers. Les virages de ce début de descente sont secs et la pente plutôt prononcée. L’attention est au maximum, j’allonge la foulée et rejoins un concurrent, nous ferons la descente ensemble sur un très bon rythme.
    Nous quittons définitivement la forêt et retrouvons la plaine, le soleil manque toujours à l’appel !

                     

    Je vais bon train, les jambes tournent rond, c’est réellement plaisant de finir une course dans un bon état de fraicheur. Après un dernier coup de cul, le sol est marron clair et l’instant de me rendre compte que cette glaise pourrait être plus que glissante, je me retrouve les quatre fers en l’air. L’idée était trop belle, arriver sans chute et presque propre (tout est relatif bien entendu). Je dérape sur quelques mètres et m’en fous partout, je me marre. De toute façon, il parait que la boue fait du bien à la peau ! La cure thermale ne s’arrête pas là, juste avant de franchir la ligne d’arrivée, nous longeons des vignes et le labour des coureurs en a fait un vrai champ de bataille. Il n’y aura aucun moyen de sauver ses chaussures, ni même ses chevilles d’ailleurs, les pieds s’enfoncent allègrement dans la bouillasse pour notre plus grand bonheur.
    J’arrive encore à allonger la foulée sur les dernières centaines de mètre de bitume évacuant ainsi mon surplus de poids. Je rentre dans le domaine des Florans, j’entends ma famille me soutenir sur les derniers mètres, j’ai le sourire aux lèvres. Ma sœur, mon beau frère et une amie nous ont rejoint entre temps, ça me fait chaud au cœur.
    Je passe la ligne en 6h00 et file retrouver les miens pour sentir un peu de chaleur.

                   

     

    Je participe avec toujours autant de plaisir à ce sublime trail du Ventoux, même si par deux fois le parcours initial à été changé pour cause de météo difficile. Merci aux bénévoles et à l’organisation de prendre soin de nous en nous concoctant un tracé splendide. Un grand merci en particulier aux légionnaires du 2ème Reg qui ont assuré plusieurs postes de signaleur dans des conditions et des coins pas évidents.
    Ma saison pour soutenir l’afa commence très bien et ma famille était là, c’était l’essentiel malgré une météo pas « folichonne ».

     

    CLASSEMENT

     PHOTOS

     

     En bonus: la vidéo du trail par Mouss Production


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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Avril 2013 à 07:08

    Bravo Will, 

    les conditions avaient l'air extrêment difficiles, tu as bien gérer cette course !

     

    2
    Mardi 9 Avril 2013 à 09:20

    Salut Will, félicitations pour ta belle course, avec des conditions vraiment particulières, AH ce Ventoux il ne réserve que des surprises chaque année.

    Bonne continuation pour la suite, en espérant te revoir sur une sortie Team ou lors d'une course dans le coin ou alors lors d'un entrainement.

    Merci pour ce beau Cr accompgané de ses photos, c'est pas bien d'avoir pris la borne Kilomètrique du ventoux !!! Mdr

    A+ Stf

     

    3
    Jeudi 11 Avril 2013 à 16:38

    > Eponyme: Pluie, neige et boue étaient de la partie mais heureusement qu'il n'y avait pas le Mistral... Merci pour le compliment. J'espère que tout va bien pour toi ? Tes grandes distances se préparent tranquillement ?

    > Stéphane: Merci Steph. J'en suis déjà à deux tentatives pour le grand parcours et par deux fois j'ai eu droit au parcours de repli. Enfin, cette année, nous avons eu droit à un vrai tracé, pas comme en 2011 où nous avions du, tout simplement, basculer sur le 26km  Tu demanderas à Raymond ce qu'il en pense... 
    J'espère bien te revoir prochainement et ne t'inquiète pas pour les bornes kilométrique, il en reste encore plein sur le bord de la route 

    4
    Vendredi 12 Avril 2013 à 21:22

    Bravo Will, j'ai adoré lire ton CR, il faut le faire ce trail, encore bravo à toi et bonne récupération.

    5
    Samedi 13 Avril 2013 à 19:21
    Alex L.

    Salut Will.

    Un trail rondement mené!

    Félicitations car avec les conditions...

    Au passage, un très bon choix la mango de Mule Bar. D'ailleurs si tu es intéressé, je vais en commander des Mule Bar (barres et gels) à un prix intéressant. Je ne sais pas où tu l'ais trouves mais si ca t'intéresses fais moi signes.

     

    Au pire, à dans 2 semaines à l'Ardéchois en espérant que tu as pu trouver de quoi loger tout ton fan club 

    6
    Dimanche 14 Avril 2013 à 12:00

    > Rohnny: Ton message me fait super plaisir et c'est très encouragent, merci !! 

    > Alex: Merci Alex ! Je vais surement en reprendre, je t'envoie un mail. Mon staf technique  à, enfin, pu trouver un logement pour l'Ardéchois à St Barthélémy-Grozon. Je suis déjà plus zen , car me lever à 4h du mat et me taper 2h de route avant le trail, aurait laissé quelques traces...

    7
    Lundi 10 Juin 2013 à 11:03
    erwinbrfuno

    Beau sport, je ne connaissais pas du tout. On n'a vraiment jamais fini d'apprendre... Bravo !

    Erwin 

    8
    Jeudi 11 Juillet 2013 à 16:29

    > erwinbrfuno : Merci pour ton passage et ton commentaire. Je réagis un peu tard, dsl Bon été à toi !

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